Voyage annuel du 23 au 30 mai 2004 :

CORSE II ;   LE RETOUR

Depuis 2001,date du premier séjour en Corse, les Varoudeurs avaient conservé un souvenir émerveillé de l'Ile de Beauté. Il n'était pas une sortie où l'un ou l'autre n'évoquait l'enchantement ressenti en foulant le sol de cette région aride et sauvage: les chemins sinueux encombrés d'animaux divers, les paysages grandioses sautant aux yeux à chaque détour, l'image paisible des vieux assis au soleil devant leur maison dans les villages traversés, tout, avec le temps s'auréolait d'un parfum mythique. Lorsque les dirigeants du club annoncèrent que le but du voyage annuel 2004 serait à nouveau l'île méditerranéenne, la joie fut générale chez les motards.

Une logistique identique à 2001

Le séjour précédent où il fallait tout concevoir avait donné un énorme travail à Jean Claude Rodet, l'organisateur désigné en raison de ses nombreuses années professionnelles passées en Corse. Comme tout avait fonctionné à merveille, il était logique de reprendre les mêmes bases pour cette fois ci et c'est à nouveau le VVF Cantarelle Pineto, Lido de la Marina à Borgo qui servit de camps de base aux motards. Le confort et la nourriture y sont suffisants mais le cadre, entre mer et plan d'eau est superbe et l'accueil chaleureux. Les repas du soir y était pris en commun et le VVF fournissait les paniers repas du midi ( ah, la salade mexicaine et le pâté de campagne ! )

 

Le Mega express II: 176m de long, 1756 passagers, 550 véhicules, 300 cabines,

1200 lits à 29 nœuds ( 53 km/h )

 

23 mai, D Day

Le dimanche 23 mai, les 74 participants sur 42 motos étaient réunis sur le parking du commissariat; L'embarquement sur le ferry à Nice étant à 13h30, le départ de Fréjus avait été un peu avancé en raison de bouchons prévisibles dus au grand prix F1 de Monaco et tout se passa dans les délais.

Au port de Nice, le monstrueux bâtiment des Corsica Ferry, le Mega Speed II d'un jaune éclatant embarqua les véhicules avec l'aisance due à une excellente organisation du personnel.

La traversée par une mer calme et un grand soleil fut agrémentée par les visions fugaces de thons, de dauphins et même d'un requin aperçu par quelques chanceux. Cinq heures plus tard à l'arrivée à Bastia le débarquement se déroula avec le même ordre soigneusement orchestré et les motards gagnèrent leur camps de base en un cortège impressionnant pour la population locale.

                                Sur le quai de Nice avant l'embarquement.

Les Calanches de Piana

Le premier jour, lundi 24, un circuit de 350 km était au programme. Commençant aisément par la N193 passant Casamozza, Ponte Leccia et Corté (pause café) il permit de rejoindre une zone plus touristique par les D18 et D84, passant Calacuccia et son barrage EDF. Sur ces départementales, c'est la Corse typique qui s'offre aux visiteurs: les chemins sont étroits, sinueux, bordés de ravins sans protection (ou si peu) et chaque virage dissimule des animaux divers (ânes, vaches, cochons chèvres) qui déambulent paisiblement sur la route. Frissons garantis aux nerveux de la poignée.

Après le pique nique de midi vers Porto, le groupe gagna le lieu superbe des Calanques de Piana. Cet endroit où les roches rouges abruptes plongent dans la mer offre une vision magnifique qui n'est pas sans rappeler l'Esterel et la Corniche d'Or entre Saint Raphaël et Cannes. Sans doute l'endroit le plus photographié de Corse.

 

Le retour par les D81 et D81B fut digne du parcours du combattant: la route étant en travaux, près d'une heure fut nécessaire pour parcourir  18 km dans la poussière, les trous et les graviers, endolorissant les postérieurs même les plus résistants.

 

 

La fontaine d'Orezza: tout est rougi par le fer

 

L'eau ferrugineuse, oui !

La sortie du mardi 25 totalisait un nombre infime de km (175) mais énorme de virages et proposait de s'enfoncer dans la Corse profonde. Là aussi, chemins tourmentés, animaux en liberté sur la route mais villages superbes, et paysages grandioses. Depuis Ponte Leccia, la D71 est un enchantement de virages menant à Morasaglia (voir le musée de Pascal Paoli, farouche défenseur de la devise corse "Honneur et Liberté" ) Porta (la tenancière du Café de la Place, âgée de 102 ans lors du passage en 2001 est elle toujours fidèle à son comptoir ?) pour rejoindre Piedricroce et de là plonger au fond d'un vallon encaissé, jusqu'aux Sources d'Orezza, lieu du pique nique de midi.

 

Sur le parking des eaux d'Orezza.

     Cette source ferrugineuse, déjà connue dans l'antiquité a été déclarée d'intérêt public en 1866. Elle jaillit à 14° ( de température, pas d'alcool !) en toute saison au cœur de l'Orezza, dans le Palais Vert de la Corse et drainait dés le 19° siècle toute la noblesse européenne. Sa composition (fer, manganèse, chaux et gaz carbonique) la rend difficile à consommer mais elle possède de grandes propriétés diurétiques et une solide réputation d'eau de jouvence. Nombreux sont les témoignages de curistes qui se sentaient réellement rajeunir dès les premières gorgées. La légende veut que Méphisto ait servi de l'eau d'Orezza au docteur Faust pour son breuvage de jouvence particulièrement efficace.

Le traitement est industrialisé et le passage des énormes semi-remorque chargés de bouteilles est un spectacle acrobatique sur ces chemins muletiers.

Au retour, par la D71, un arrêt au bourg de Cervione offrit une vue superbe sur la mer et l'île d'Elbe, lieu de détention provisoire de Napoléon.

 

Pause à Cervione, sur la D71; Vue exceptionnelle sur l'île d'Elbe.

L'itinéraire du mercredi 26 proposait la traversée nord-sud de l'île par la N198, direction Bonifacio. Pas de problème de circulation, la route est large et bien revêtue. L'incursion prévue de Solenzara à Zonza par le col de Bavelle a du toutefois être annulée, la D268 étant obstruée par des rochers d'éboulement.

Eboulement sur la D268. Demi-tour pour tous.

Bonifacio: Les escaliers du Roy d'Aragon

Bonifacio et une ville remarquable; Construite à partir de 830 par les Génois, elle présente des trésors exceptionnels. Une visite en bateau est  incontournable. On y découvrira la grotte en forme de bicorne de Napoléon, la grotte à ciel ouvert dont les contours du plafond ressemblent à la Corse, le "grain de sable" rocher isolé par l'érosion a quelques mètres de la falaise, le "gouvernail de la Corse" autre rocher taillé par la mer à l'extrême sud et semblable à un gouvernail et les surprenants Escaliers du Roy d'Aragon.

Cette diagonale rectiligne est un escalier de 187 marches

La légende dit que ces 187 marches taillées à pic dans la falaise ont été creusées en une nuit par les soldats du roi d'Aragon Alphonse V lors du siège de la ville en 1420.

Au sommet se dresse maintenant un quartier résidentiel avec vue imprenable et où l'actrice Marie José Nat a sa demeure.

Seul point noir de cette journée, Maryse, l'épouse du vice président Jean Michel, s'est fait rouler sur un pied par une automobiliste locale alors qu'elle visitait les ruelles étroites de la Citadelle. Commentaire de l'acerbe conductrice: "Vous n'avez qu'a rester chez vous" Joli, non, dans une région qui ne vit que du tourisme…

Hôpital, radiographies; Diagnostic: une légère entorse et un gros hématome. De quoi se faire câliner par son mari et conserver un dur souvenir.

Le repas du soir au VVF a permis d'oublier cet incident en fêtant dignement l'anniversaire de Martine, sœur de Cathy (pilote du fourgon d'assistance) Gâteau monumental, collier et couronne de fleurs et débauche de bombes "Spiedermann" ont animé la soirée dans la plus pure tradition des Varoudeurs.

Le Moulin Matteï à la pointe du Cap Corse

 

Cap Corse, le bout du monde

Kilométrage réduit pour le jeudi 27, mais concentré d'agréments, le circuit proposait le tour du Cap Corse par la D80. Pause café au port de Macinaggio avant d'attaquer la montée tourmentée jusqu'au belvédère du Moulin Mattéï à 365m d'altitude. Les ailes (fixes) de ce moulin décoratif et publicitaire sont concurrencées par une multitude d'éoliennes qui profitent d'un vent permanent pour alimenter le réseau électrique. La vue, de cet endroit est féerique et le calme n'y est troublé que par les déclics des appareils photos.

 

Pause café sur le port de Macinaggio

La descente, sinueuse à souhait conduisit les motards à Centuri Port sur la côte ouest pour le casse croûte de midi, avant de reprendre la route du retour toujours sur le D80 qui domine des à pic impressionnants sur la mer et sans barrières de sécurité. Quelques gouttes de pluie aussi vite séchées ponctuèrent le trajet.

Une ancienne usine d'amiante maintenant désaffectée, pollution oblige, dresse son énorme masse grise accrochée à la falaise du même gris donnant une impression de tristesse dans le paysage par ailleurs exceptionnel de luminosité. Quelques dizaines de km plus loin et par une route très agréable, les Varoudeurs arrivèrent à la ville de St Florent dont la réputation touristique est à l'égale de St Tropez. Rues claires, boutiques de luxe et multitude de bateaux ancrés dans le port lui donne un chic et un attrait considérable auprès des visiteurs du monde entier.

Au retour, à l'hébergement, l'animation proposait une soirée karaoké qui fut précédée de la projection sur grand écran des "rushes" filmés par Angèle qui est devenue une vraie pro de la vidéo. Tous les ans elle offre en cassette VHS ou en DVD les films des sorties  sonorisés où les heures de montage doivent atteindre des quotas impressionnants.

La place Foch (place des Palmiers) Ajaccio; Au fond, la statue de marbre blanc de

Bonaparte premier consul.

Ajaccio, première ville de l'Empire

La journée du vendredi aurait pu passer pour un périple réduit si l'on tient compte du nombre de participants et des km En effet, la fatigue commençant à peser sérieusement et le road book annonçant plus de 400 km, beaucoup ont déclaré forfait. Seulement 30 motos sont parties et il a été décidé de faire l'impasse sur les passages sinueux. Overdose de virages.

C'est donc banalement par la très belle N193 que le groupe a gagné Ajaccio après un arrêt café au Col de la Serra. Caractéristique du climat en zone montagneuse, le ciel y était dégagé et la température douce à l'aller tandis que les nuages cachaient les montagnes et une fraîcheur relative y régnait au retour.

A Ajaccio, tout baigne dans le culte napoléonien; Statues, rues, musées, souvenirs sont dédiés à l'empereur. La ville est claire, propre, accueillante. Des vestiges plus anciens (Ajaccio a été fondée par les Génois en 1492 avec la construction de la citadelle-au départ simple donjon sur une enceinte basse-) sont admirablement mis en valeur et la visite de la cité est un plaisir en cette année de la célébration du bi centenaire du sacre.

Parmi les endroits remarquables, citons la Place Foch (place des Palmiers) dominée par la statue en marbre blanc de Bonaparte  premier consul, qui se dresse sur la fontaine aux quatre lions; La cathédrale construite de 1554 à 1596 renfermant un retable aux incrustations de marbres rares, un maître autel de marbre blanc et marqueterie de marbres, la chapelle de la Vierge de la Miséricorde érigée en 1752 à la suite de la grande peste de 1656 qui épargna la ville; Enfin bien sûr la Place d'Austerlitz avec sa statue de Napoléon en bicorne, dressée au sommet d'un escalier monumental, sans oublier la Maison Bonaparte où l'empereur vit le jour le 15 août 1769, au cœur de la ville génoise. Installée en Corse depuis le XV° siècle, la famille Bonaparte a occupé cette maison dés 1682. Elle fut l'enjeu de nombreuses rivalités et symbolise l'ascension sociale de Charles Bonaparte et Létizia Ramolino, parents de Napoléon.

Jean Marc, déjà impérial sur son Harley est ici tout à fait dans la note.

   Dorian, membre des Varoudeurs et corse d'origine a confié discrètement que, aux pieds de la statue il a entendu l'Empereur lui dire: "Avec un cheval, j'ai conquis l'Europe; Si j'avais eu une moto comme la tienne, j'aurais conquis le monde ! "  Preuve qu'Ajaccio ne semble pas très loin de Marseille…

 

Profusion de restos sympas

Vers midi, les paniers repas ne tentant personne, les Varoudeurs, par petits groupes se sont égayés dans les ruelles de la vielle ville où des petits restaurants typiques étaient indiqués à grand renfort d'éloges par les habitants. Chacun s'aperçu vite que les réputations étaient tout à fait justifiées et tout le monde se régala de spécialités locales pour des coûts très raisonnables

Des restos sympas? Ces dames se font un plaisir d'en indiquer.

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Vers 15h30,le groupe prit la route pour les Iles Sanguinaires, site d'une farouche beauté après un passage devant la maison de Tino Rossi (1907 1983) seconde vedette locale.

Le retour s'effectua à bonne allure et sans problème, toujours par la N193 et les motards regagnèrent le VVF pour le dîner suivi d'une soirée danse.

1750km x 42 motos en toute sécurité 

Le samedi laissait totale liberté aux vacanciers et Henri Brément, le Président put déjà au matin dresser un bilan favorable du séjour, au travers des commentaires de chacun et surtout féliciter ses troupes sur leur comportement  routier. Aucun incident ni accident n'est venu perturber le déroulement de la semaine. En additionnant la distance parcourue par chaque moto, c'est tout de même un total de 73500 km qui a été réalisé  et cela dans des conditions de sécurité exemplaires.

Le barbecue du samedi. Fumée prometteuse.

Ce samedi de quartier libre vit les Varoudeurs s'approvisionner en charcuterie locale, en souvenirs de toute nature et en cartes postales avant de s'occuper des motos et du rangement, le départ étant à 6 h le lendemain.

La traversée du dimanche se passa dans une douce euphorie due un peu à la fatigue et beaucoup aux nombreux souvenirs de ce voyage qui restera comme les précédents gravé dans la mémoire des participants.

Dis, Président, on va où, l'année prochaine?

L'origine de la tête de Maure

On peut voir dans la chapelle mortuaire de Pascal Paoli à Morosaglia, parmi maintes reliques, deux fanions de soie blanche frappés de l'énigmatique "tête de maure" qui constitue le sujet central des armoiries officielles du pays. Les insulaires et les touristes amoureux de la Corse qui collent aujourd'hui cet emblème sur leur véhicule seraient bien embarrassés d'en fournir une explication. Qu'ils se rassurent, savants et historiens n'en savent guère plus qu'eux.

Parmi le lot des récits incontrôlables, le plus convaincant n'est il pas celui que rapporte le gardien du sanctuaire de Morosaglia, aimable jeune homme de soixante quinze ans à qui il ne faut pas essayer d'en remontrer sur l'histoire de la Corse: C'était au temps où le roi d'Aragon avait des prétentions sur la Corse. Un complot, ourdi contre lui par un des serviteurs maures de la suite fut éventé par un corse. Le roi, septique ne se rendit à l'évidence que lorsque le Corse put, sur sa demande, lui présenter sur un drap blanc, la tête de l'esclave criminel. "En gage de reconnaissance, lui dit il, ce drap sera désormais le drapeau de ton pays!"

Et le gardien de la maison Paoli de faire remarquer la différence qui existe entre les deux fanions. Sur l'un, la tête de maure porte le bandeau sur les yeux et les boucles d'oreilles, signes de sa condition d'esclave; ce drapeau est plus ancien que le second datant du temps de Paoli qui fit supprimer ces symboles d'asservissement: le bandeau est relevé sur le front et les boucles ont disparu.

Les bottes du Président

 

Henri Brément, Président des Varoudeurs a bien failli faire le voyage en baskets: Ses bottes étaient chez le cordonnier pour une petite réparation, mais celui ci avait fermé boutique le samedi après midi et était introuvable. Il a fallu qu'Henri se fende d'une paire de bottes neuves achetées en catastrophe samedi soir.

Tes bottes m'épatent, Président ! 

L'anniversaire de Martine

Fêter son anniversaire avec les Varoudeurs n'est pas triste mais représente tout de même un certain risque! Martine, ce soir là s'est sentie très "entourée"!

 

 

 

Références & sources

Village Vacances Familles Cantarelle Pineto, Lido de la Marina  20290 BORGO

                                                                               Tel:  0495 30 16 50

Office du Tourisme de Bonifacio,  2 rue Fred Scamaroni  20169  BONIFACIO

                                                                               Tel  0495 73 11 88

                                                                               www.bonifaccio.fr

Office Municipal du Tourisme Ajaccio; 3 Bd du roi Jérôme BP21  20181 AJACCIO

                                                                               Tel  0495 51 53 03

                                                                               www.tourisme.fr/ajaccio

Bonifacio Croisières  : Jacques, au 0495 73 05 29 (remises aux motards)

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                                  IMAGES EN   VRAC